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Dossier de fond

Retraites spirituelles : silencieuse, dirigée ou prêchée

Ce qui se passe pendant une retraite silencieuse, comment préparer une première retraite de week-end et la différence entre retraite dirigée et prêchée.

Mis à jour le 16/09/2026 Sujet retraite silencieuse Lecture 6 minutes Nature information générale, sans valeur médicale
Une allée de briques bordée de chênes menant à un bâtiment bas en bois, fin d'après-midi, lumière rasante sur un banc vide, cadrage large au niveau du sol.

Une allée de briques bordée de chênes menant à un bâtiment bas en bois, fin d'après-midi, lumière rasante sur un banc vide, cadrage large au niveau du sol.

Une retraite silencieuse est un séjour résidentiel de un à huit jours où les participants gardent le silence entre eux, suivent un rythme de prière, de repas et de repos, et rencontrent parfois un accompagnateur en entretien individuel. Une première retraite de week-end se prépare en clarifiant son intention, en vérifiant les horaires et le règlement du lieu, et en prévoyant de quoi écrire. La différence entre une retraite dirigée et une retraite prêchée tient à la place de l'accompagnement individuel : la première repose sur des entretiens personnels avec un directeur, la seconde sur des enseignements donnés à l'ensemble du groupe.

Que se passe-t-il pendant une retraite silencieuse ?

Le déroulé varie d'un centre à l'autre, mais la structure reste stable. Les participants arrivent en fin d'après-midi, reçoivent une chambre, un horaire et quelques consignes. Le silence commence souvent après le premier repas commun et se poursuit jusqu'au dernier matin. Il ne s'agit pas d'un silence absolu : on parle à l'accueil, à l'accompagnateur, parfois pendant un temps de partage prévu. Le silence porte sur les échanges entre retraitants.

La journée type combine des offices ou des temps de prière, des repas pris en silence, des plages libres et, selon les formules, une ou deux conférences. Les après-midi laissent souvent plusieurs heures sans programme. Cette disponibilité est la partie la plus déroutante pour une première fois : beaucoup de participants découvrent qu'ils ne savent pas rester sans tâche. Les lieux prévoient en général un jardin, un chemin de marche ou un labyrinthe pour occuper le corps sans rompre le recueillement.

Le silence n'est pas une règle monastique imposée. C'est un cadre. Les centres demandent de l'observer pour que chacun puisse traverser ses propres pensées sans être sollicité. Les téléphones restent éteints ou rangés, ce qui produit souvent un effet de ralentissement les deux premiers jours.

Pour un lecteur qui veut savoir à quoi ressemble ce cadre avant de s'inscrire, un guide éditorial anglophone documente la tradition des maisons de retraite et le déroulement concret d'un séjour, y compris ce que l'on peut attendre d'une retraite silencieuse. Ce type de ressource décrit l'organisation, les bâtiments et l'histoire des lieux, sans vendre de séjour ni prendre de réservation.

Comment préparer une première retraite de week-end ?

La préparation commence par une question simple : pourquoi maintenant ? Une retraite n'est pas un séjour de repos ordinaire. Elle demande de consentir à l'ennui, aux souvenirs qui remontent et aux questions laissées en suspens. Nommer son intention, même vaguement, aide à traverser les moments creux.

Ensuite, il faut lire la fiche pratique du centre : heure d'arrivée, heure de départ, repas inclus ou non, chambre individuelle ou partagée, règlement sur le silence et les téléphones. Un week-end du vendredi soir au dimanche midi ne se prépare pas comme une semaine complète. La fatigue du trajet compte : arriver épuisé gâche les premières heures.

Quelques points matériels reviennent dans presque tous les guides :

  • des vêtements souples et une paire de chaussures pour marcher dehors ;
  • un carnet et un stylo, pour noter ce qui remonte sans chercher à rédiger ;
  • une montre plutôt que le téléphone, si l'on veut connaître l'heure sans consulter d'écran ;
  • les médicaments habituels et, si besoin, une petite collation ;
  • une Bible ou le texte de référence de la tradition concernée, si le centre n'en fournit pas.

Il est utile de prévenir un proche de sa disponibilité réelle. Beaucoup de centres ne transmettent pas les appels pendant le silence, sauf urgence. Prévoir cette coupure évite de la vivre comme une contrainte subie.

Enfin, ne pas se fixer d'objectif spirituel mesurable. Les retraitants qui arrivent avec un programme personnel, du type « régler telle décision en deux jours », repartent souvent frustrés. Le cadre agit par lui-même, plus lentement que prévu.

Quelle différence entre une retraite dirigée et une retraite prêchée ?

La distinction est technique et change l'expérience d'un bout à l'autre.

Dans une retraite prêchée, un intervenant donne des conférences à l'ensemble du groupe. Le contenu est préparé à l'avance, souvent organisé autour d'un thème : les paraboles, la miséricorde, un évangile. Les participants écoutent ensemble, puis disposent de temps personnels. L'accompagnement individuel est rare ou absent. Ce format convient à ceux qui veulent un cadre intellectuel et une progression guidée.

Dans une retraite dirigée, chaque participant rencontre un accompagnateur, généralement une fois par jour, pour un entretien de trente à soixante minutes. Le directeur n'impose pas un programme : il écoute, relance, aide à discerner ce qui se passe dans la prière et dans la vie quotidienne. Le contenu de la retraite se construit ainsi au cas par cas. Ce format suppose un nombre suffisant d'accompagnateurs disponibles, ce qui limite la taille des groupes.

Il existe des formules intermédiaires : une conférence le matin, des entretiens l'après-midi, ou des retraites dites « individuellement guidées » où l'on suit seul un parcours écrit avec un rendez-vous quotidien. Les centres précisent en général le format dans leur programme, et il vaut la peine de poser la question avant de s'inscrire si l'on cherche un accompagnement personnel.

Comment choisir un lieu et un format ?

Le choix dépend moins du prestige du lieu que de trois critères : la distance, le format et le coût. Un centre situé à une heure de route permet un week-end sans épuisement du trajet. Un centre à quatre heures impose de prévoir une nuit supplémentaire ou de réduire la durée.

Le format doit correspondre à ce que l'on cherche. Une personne qui traverse une période difficile trouvera davantage dans une retraite dirigée, avec un accompagnement régulier. Une personne qui veut d'abord découvrir la pratique sera plus à l'aise dans une retraite prêchée, où l'attention est portée par le groupe et par l'intervenant.

Le coût varie fortement. Certains centres fonctionnent au prix de revient avec un tarif indicatif et acceptent un ajustement discret. D'autres affichent un prix fixe. La question se pose sans gêne au moment de l'inscription : la plupart des maisons ont l'habitude et prévoient des arrangements.

Il faut aussi vérifier la tradition. Les maisons de retraite chrétiennes, ignatiennes, bénédictines ou issues d'autres courants n'ont pas les mêmes horaires ni les mêmes textes de référence. Un centre laïque proposera plutôt de la méditation de pleine conscience ou des ateliers de journal. Le vocabulaire employé dans le programme donne une bonne indication avant même de contacter l'accueil.

Que faire après une retraite ?

La sortie du silence est une étape à part entière. Beaucoup de participants décrivent une sensation étrange en retrouvant le bruit, la circulation et les conversations. Prévoir une demi-journée sans obligation après le retour aide à ne pas dissoudre trop vite ce qui a été traversé.

Relire ses notes une semaine plus tard, sans les corriger, permet de repérer ce qui revient. Un accompagnement régulier, en dehors de la retraite, prolonge le travail : c'est le rôle de la direction spirituelle, qui se pratique en entretiens espacés, généralement une fois par mois.

Il est également possible de reproduire chez soi une version courte : une matinée ou une journée de prière, avec un horaire fixe, un téléphone rangé et un texte lu lentement. Cette pratique entretient ce que la retraite a ouvert, sans attendre le prochain séjour résidentiel.

Enfin, il ne faut pas s'inquiéter si la retraite n'a rien produit de spectaculaire. Le silence agit souvent à retardement, dans les semaines qui suivent, sur des décisions ou des relations qui n'étaient pas au centre des préoccupations pendant le séjour.

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